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Jouer collectif par Didier Deschamps

Jouer collectif, point focal du management de Didier Deschamps, mis en oeuvre lors de la coupe du monde, avec la part du génie personnel, la part de l’émotionnel, la part de dispositif, le rôle du maître de l’état d’esprit, et l’idée de faire simple.

Contenir la part de l’émotionnel, désacraliser, faire simple : La défaite en final de l’Euro 2016 a permis au groupe de se souder et de progresser. « Il y a deux ans ça a été tellement douloureux de ne pas être champion d’Europe. J’ai appris beaucoup en 2016. J’avais sacralisé l’évènement, j’avais trop accentué le côté émotionnel. Dans l’approche de ce match, la décontraction est importante pour aller chercher l’étoile ». Besoin de faire retomber l’euphorie après la victoire sur l’équipe d’Argentine. (Ne pas trop surjouer sur le côté émotionnel). « Là j’ai corrigé le tir, cette fois ci j’ai fait simple ».

Les génies ne suffisent plus : « Seul le meilleur collectif pouvait remporter cette coupe du monde où l’individu isolé ne sert à rien. Cette tendance au jeu collectif née dans les championnats européens fait que désormais les génies ne suffisent plus ». « Durant cette coupe du monde, on a compris que la maîtrise du jeu ne suffisait pas » D Deschamps. (Allusion aux sélection espagnoles et allemandes, qui ont eu le ballon sans arrêt mais qui ont disparu prématurément. Ces équipes étaient dans la maîtrise du jeu, dans la possession du ballon et se faisaient punir sur attaques rapides). (Image du match face à l’Argentine quand l’équipe de France est menée 1-2, avec Lionel Messi en face. Ils ont surmonté cette situation et l’ont retourné). Du talent il y en a des deux côtés, alors ce qui fait la différence c’est le mental collectif.

L’état d’esprit : « L’état d’esprit des joueurs restera ma plus grande fierté. Je leur ai dit de ne rien lâcher, puis je leur ai redit, puis redit, puis… je n’ai pas arrêté. Et ils n’ont rien lâché. Jamais ». « Aujourd’hui beaucoup de joueurs ont fait la différence … Quand je vous parle de bien vivre ensemble, vous ne savez pas tout, même si vous essaierez d’apprendre des trucs, et même si, peut-être vous y parviendrez … Mais quand je vous dis qu’ils ont tout fait ensemble, c’est vraiment tout, sur le terrain et en dehors, Et ils en parlent collectivement. C’est là que vous vous dites que vous étiez dans le vrai. Le terrain leur a donné raison ». « Ils s’aiment entre eux et se donnent de la joie. Ils me font du bien »

Le management individuel et collectif : tenir compte de chaque personnalité. Ecouter, observer, pour repérer les talents, les exigences et les affects de chaque joueur, et y répondre individuellement (plus affectivement avec ceux qui ont besoin d’affect, plus dur avec ceux qui ont besoin de dureté). Donner un cadre strict (exemple : sécurité avant brillance). Puis atteindre le point du « lâcher la bride » quand le moment est venu (qui permettent les initiatives hors cadre), atteint quand Didier Deschamps pense que le joueur sait sortir du cadre et saura de lui-même y revenir.

Le dispositif : « Une grosse partie du métier d’entraineur repose sur la psychologie, le management. Le choix le plus important c’est celui des joueurs. Les équilibres humains sont tellement fragiles. 55 jours ensemble, ce n’est pas rien, il faut un staff solide aussi. Je peux être dur avec les joueurs mais c’est pour eux. Ils sont jeunes mais il y a l’écoute qui est là ». « Ils s’éclatent dans ce dispositif-là ! ». « Communiquer » : Didier Deschamps leur donne un cap et travaille par exemplarité. Les jeunes le respectent. « On croit en lui, on a confiance en lui, on joue pour lui », résume Antoine Griezmann. En soi, le sélectionneur est un message. Il incarne « la gagne ».

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