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Management et Improvisation. Une leçon tirée du Jazz

Face aux imprévus les capacités d’improvisation sont déterminantes. Quels parallèles y a-t-il entre la pratique d’improvisation d’un musicien de jazz et celle d’un leader ? : La note d’étonnement de François Zoetelief, Associé chez Kea Partners qui a participé à la Rencontre du leadership public du 6 juillet 2011 organisée par la DGME sur cette question retient quatre idées clés :

  1. Le soin à accorder à la découverte mutuelle et à réussir les premières notes au moment de se lancer dans l’improvisation. Il en va de même pour la prise de fonction par le leader.
  2. L’importance de la répartition des rôles et de l’efficacité des fonctions support.
  3. La qualité d’écoute, tout du long du morceau, tout au long de la performance, indispensable pour réussir l’improvisation collective musicale, et aussi managériale.
  4. La nécessité de rester simple en situation d’imprévu et de recoller au thème, au cadre musical.

La prise de fonction.

Par quoi commencer ? La prise de fonction est un moment délicat à la fois pour le leader qui va être rapidement «évalué- jugé » par ses collaborateurs, mais aussi pour les collaborateurs, qui souhaitent gagner rapidement la confiance de leur nouveau patron. Plusieurs idées émergent tant pour le leader que pour un joueur de jazz jouant pour la première fois avec un nouvel orchestre: prendre le temps de faire connaissance avec son équipe (« avec les autres musiciens ») , insuffler une dynamique de groupe dans l’instantané, planter le décor (« les premières notes »), permettre à ses collaborateurs de réussir leurs premiers pas (« créer une ambiance »), être simple, être franc et dire la vérité.( « savoir gérer les tensions entre les musiciens »).

Établir son rôle dans la structure.

Au sein d’un groupe de jazz les rôles sont clairement répartis: le piano assure le soubassement harmonique et définit le champ des possibles, la batterie assure le tempo et le rythme, la contrebasse donne la note de base de l’harmonie et enfin, le soliste doit intéresser le public. Dans l’histoire des orchestres de jazz, les « leaders » n’ont pas toujours la même place : batteur, saxophoniste, trompettiste, pianiste…. Le pianiste n’a pas forcément le rôle le plus important. Il en va de même pour le leader. Il est celui qui donne la note, le ton, le rythme, style de l’ensemble. Les rôles sont des uns et des autres doivent s’établir rapidement, en accord. Le leader y œuvre. Par ailleurs certaines fonctions doivent toujours être remplies : organiser les répétitions, chercher des salles,… c’est à dire les fonctions support ! Le leader est le garant du fait qu’elles soient correctement assurées.

Être en écoute.

La qualité d’une improvisation sur la longueur tient à l’écoute des musiciens entre eux et envers le public. L’analogie avec le leader est évidente. Le talent est de réussir à écouter en jouant et à jouer en écoutant.

Minimiser les situations d’« échec ».

L’improvisation c’est pouvoir décliner le motif de base, avec sa propre originalité, sa créativité, sa liberté. C’est l’expression de sa capacité d’initiative, de l’aptitude à être soi même auteur. L’improvisation n’est pas à l’abri de « l’erreur ». Comment minimiser cette prise de risque, le risque d’« échec » ? D’abord, être attentif à ne pas fixer la barre trop haut, ce qui se traduit pour le leader en faire attention à ne pas afficher des objectifs qui dépassent ses moyens personnels et ceux de sa structure. Ensuite recoller vite aux « basiques ». La simplicité reste une clé déterminante. Simplicité du thème, de la une grille, du cadre avec des fondamentaux que sont l’harmonie et le tempo ; c’est le cœur même de l’improvisation. Enfin, savoir rester modeste, et accepter l’aléa : « quelle que soit la taille du groupe, vous ne maitrisez que 5 à 10% de ce qui se passe ».

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