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GDBO devient Talents et Mentoring

Par Pierre Nassif – Journaliste essayiste- Blog: https://histoiresdeliberation.fr/

C’était une soirée en l’honneur du 10ème anniversaire de l’entreprise. Cette soirée a restauré en moi la confiance dans la possibilité même de l’activité d’aide. De nombreux témoignages de managers que les mentors ont aidé à grandir constituaient l’essentiel de l’événement. Quelques rares propos des fondateurs ont montré qu’ils étaient bien à l’origine de l’édifice. Bien davantage que leurs paroles, cette configuration transmettait l’essentiel du message : des accompagnateurs bienveillants et discrets laissent des managers découvrir ce qu’il y a de meilleurs en eux. Rassérénés et confiants, ceux-ci sont alors placés en meilleure posture pour accomplir leur mission. Ils en découvrent une composante primordiale : laisser les personnes qu’ils dirigent découvrir à leur tour ce qu’il y a de meilleur en elles.
Faut-il que j’explique un instant pourquoi je ne croyais presque plus en la possibilité même d’une telle activité avant cette soirée ? C’est qu’on y rencontre ou bien des experts qui vous expliquent comment faire pour surmonter une situation donnée ou bien des psychologues pour lesquels vous êtes plus ou moins le problème : ils vous enjoignent de changer. A supposer qu’elles ne soient pas nocives, j’ai conclu en la totale inutilité de telles interventions.
Ici, point d’expertise et encore moins de psychologisme. Très peu de concepts. Les témoignages successifs illustrent ce qui tient lieu de procédé pour ces mentors : d’être bienveillants et présents, de savoir écouter sans émettre de jugement.
L’un après l’autre les orateurs effritent mes préventions. Cela aurait été plus immédiat si j’avais pris d’emblée la mesure de ce qu’avait annoncé le modérateur, Vincent, un mentor lui-même, appartenant à l’entreprise : « L’important, c’est ce qu’on vit. »

Au moment de prendre ses fonctions directoriales, ses mandants suggèrent à Paul un coaching. Il choisit GDBO – aujourd’hui Talents et Mentoring – car : « ils mettent l’accent sur la richesse humaine. C’est une affaire de personnes. Mon propre regard sur moi-même a changé ».

Je comprends que l’idée de découvrir les beaux gestes est importante dans ces accompagnements. Pour cela la personne est invitée à s’appuyer sur ses points forts.

Sylvie explique qu’elle a participé à une cohorte. Je comprends qu’il s’agit de groupes. Chacun y regarde les autres fonctionner et cela stimule ses réflexions. Elle y découvre ce qui sera au centre de ses préoccupations dans son activité managériale : faire grandir les autres et stimuler l’engagement des personnes.

Philippe, un des fondateurs explique cette idée de geste : Il donne l’exemple de ce directeur d’hypermarché qui va chaque matin vers chacun de ses 500 employés pour lui serrer la main. Bien sûr, c’est un geste. Il est rempli de sens. Chacun est important pour lui. « Faire passer la transmission par les sens » dit ensuite Philippe. Il parle du bois, de son parfum, de sa texture, rappelant que le sens ce n’est pas seulement la signification et la direction, mais aussi une sensation. Il explique l’idée du geste : « J’agis. Qu’est-ce qui émane de ce que je fais » ? C’est une idée qui porte en elle celle de sens, celle de mouvement et celle d’identité.

Alexis prend la direction d’une plateforme de Mondial Assistance immédiatement après une réorganisation du site. Sa mission est d’améliorer la qualité de service et l’efficacité. Après avoir longuement réfléchi, il parle beaucoup et il explique. Son discours n’a pas la portée qu’il aurait souhaitée. Alors, il interroge les personnes qui sont sur le terrain. Il écoute leur message. « On reçoit plein d’appels et on a l’impression de moins bien faire notre boulot qu’avant ».
Toujours est-il que c’est grâce à cette présence et à cette écoute, qu’il commence à exister aux yeux de ces personnes. Il peut alors organiser des ateliers et des formations. Laisser les sens appréhender ce que ses messages voulaient dire.

Clarisse est à la tête d’une direction régionale du CNRS. Elle engage sa mission avec une grande confiance en elle et de nombreuses certitudes au sujet de ce qu’elle doit incarner. Elle veut promouvoir une démarche d’amélioration continue. Quelque chose ne prend pas … Elle rejoint une cohorte de « Talents et Mentoring ». Son témoignage : « Grâce aux cohortes, j’ai compris qu’il fallait que je mette un peu de lâcher-prise. Les ateliers se sont créés. Je leur ai demandé de se lancer, de dire ce qu’étaient à leurs yeux les conditions de travail idéales. Observer, prendre le temps d’écouter, se mettre en retrait. Je suis reconnaissante aux cohortes pour m’avoir appris à le faire ».

Olivier évoque son parcours. Il est aujourd’hui Directeur des Sinistres de Pacifica, une compagnie d’assurances filiale du Crédit Agricole. « Manager par hasard, assureur par accident, je voulais m’occuper d’animaux, faire grandir des bêtes. Ma vocation, c’était d’être éleveur. Au fond, elle ne m’a pas quitté. Aujourd’hui, j’élève les gens. J’ai fait de belles rencontres : Bruno, Philippe, Marie. J’ai appris le geste. lls ont l’art de révéler. Ce sont de bons sculpteurs.
« J’ai vécu une cohorte interne avec 17 patrons d’unité. Cela leur révéla qu’ils avaient beaucoup de talents, mais ne le savaient pas. Quelque chose vivait ; c’était non écrit, presque silencieux : les gens dont vous avez la responsabilité vous imiteront. Si ce n’est pas beau, ce n’est pas vrai. Le geste ne se mystifie pas ».

Anne-Catherine, DRH chez ATOS Worldline, décrit sa découverte de la cohésion et de ses lois. Elle participe à une cohorte. Bruno et Sébastien proposent de travailler collectivement sur les gestes. Quels sont les gestes qui comptent ? Le groupe constate que ces gestes sont représentatifs des valeurs fondamentales. Celles qui soudent le groupe : le sens du collectif, l’écoute, savoir accompagner. Ces valeurs sont aussi essentielles pour qui veut bien faire le métier de DRH. Anne-Catherine remercie ensuite Bruno et Sébastien pour leur bienveillance. Elle dit : « C’est ce qui nous a permis de sortir ce qu’il y a de meilleur en nous ».

Bruno prend la parole. On perçoit son émotion. Il l’exprime : « C’est impressionnant ce qu’on entend ». Ses propos adoptent la tonalité de la modestie. Nous devrions croire qu’il est là par le plus grand des hasards, qu’il n’a presque rien fait. Ils se sont réunis un jour pour comprendre un peu mieux leur propre approche. Les idées de cohorte et de geste ont émergé. Selon moi, cela représente l’art de proposer un cadre d’une grande légèreté, à l’intérieur duquel l’expression des participants peut se déployer et se libérer. Elle peut être recueillie également.

Christian était directeur général adjoint d’Air France – KLM. Il rejoint l’entreprise. Il annonce le changement de nom, la naissance du nouveau site, les projets de développement. « Un mentor, c’est un autre vous-même, avec de l’expérience », dit-il.
Ecoutant cette intervention, je me dis que nous avons abordé le thème de l’avenir. Christian ne le dit pas, mais je comprends qu’il veut donner un tour nouveau à sa carrière. Nous expliquant ce qu’est un mentor, peut-être se l’explique-t-il aussi à lui-même. Il y avait une double transformation dans cette intervention : l’entreprise change de nom. Assurée de son apport, elle l’explique ouvertement et elle en porte désormais les couleurs. Un homme change aussi. Son discours est encore un peu celui d’un Directeur Général. Il aidera l’entreprise à grandir et lui-même, il changera.

L’intervention suivante me conforte dans cette idée que nous allons à la rencontre de l’avenir, de la transformation, de la croissance. Dans ce territoire, s’entremêlent les périls et les espoirs. Ils sont trois pour nous en parler.
Patricia est encore DRH d’Orange Business Services. Elle parle de son travail en jetant dessus un regard critique : « Les référentiels nous aident à placer les gens dans des cases, mais ils ne nous aident pas à développer les talents, le leadership, le sens de l’écoute, l’art de transmettre les savoir-faire ». Elle apprécie la manière qu’a Bruno d’établir une relation d’humain à humain. Elle dit : « Je vais devenir mentor ».

Marc est Amiral de la Marine Nationale : « En mer, on n’est rien sans l’autre, sans le talent de l’autre. La mer vous met à nu. Elle est une merveilleuse école de vie. » Il veut aussi devenir mentor. Il parle à la fois de son passé de formateur et de son avenir. Du moins, j’entends les phrases qu’il prononce comme étant importantes sur ces deux registres : ce qu’il a appris et ce qu’il veut transmettre. « Amener les leaders à réfléchir sur le sens de leur engagement, vivre et exprimer leur leadership pour une cause qui, peut-être, les dépassera ». Il nous raconte comment il a réussi à insuffler de la confiance à un de ses hommes qui avait peur d’assumer la responsabilité de chef de quart : il lui a témoigné de la confiance et de l’amour.

Le dernier des trois, c’est Sébastien. Il est déjà dans l’entreprise. Il est heureux de ce qu’il vient d’entendre : « J’entends de l’enthousiasme ». Il parle du métier de mentor : « Révéler les talents propres ». Il essaie de nous faire vivre ce moment particulier au cours duquel une étincelle s’allume. Je comprends que c’est un premier rayon de lumière. Il éclaire la personne sur elle-même. Elle renvoie à son tour sa propre lumière. Ai-je bien compris, Sébastien ?
En tout cas, il poursuit la recherche. Il veut donner à ses accompagnements toujours plus de profondeur. Il veut enseigner : « Une école de développement des talents. C’est un rêve. Formulons-le. Réalisons-le ».

Bruno revient. Il rend hommage à ses compagnons de la première heure : Philippe, Marie. Ils ont cru en lui. Il a cru en eux. D’autres ont cru en eux. C’est curieux comme ce mot évoque en même temps l’idée de croissance.

 

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